Publié le 2 mars 2026

La 62e édition du SIA a fermé ses portes à Paris, le MIRAH dresse le bilan d’une participation menée au pas de charge par le ministre Sidi Tiémoko TOURÉ

La participation de la Côte d’Ivoire au Salon International de l’Agriculture (SIA) 2026 restera comme l’un des temps forts de cette édition, marquée par sa désignation en qualité de Pays à l’honneur. Dans ce cadre de visibilité internationale renforcée, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) a conduit une présence structurée, conçue comme une opération de diplomatie économique et technique afin de présenter une vision, démontrer le potentiel, valoriser les acquis, le Ministre SIDI TOURÉ a converti l’exposition en opportunités concrètes pour les filières de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture.

Portée par le thème : « Développement d’une économie animale et promotion de l’économie bleue : moteurs de souveraineté alimentaire durable et créateurs de richesse nationale », l’action du MIRAH au SIA 2026 a articulé, tout au long du Salon, contenus thématiques, démonstrations, rencontres professionnelles, audiences ciblées et formalisation de partenariats. Au-delà d’une présence institutionnelle, l’enjeu était clair : démontrer que l’économie animale et l’économie bleue ne constituent pas seulement des secteurs de production, mais des chaînes de valeur capables d’attirer l’investissement, de soutenir l’emploi, d’industrialiser la transformation et de renforcer la souveraineté alimentaire.

Dès l’ouverture du Salon, la délégation ivoirienne s’est inscrite dans un rythme diplomatique et opérationnel. Le 20 février, un débriefing préparatoire à Paris a permis d’aligner les commissions, les dispositifs et la séquence d’activités. Le 21 février, au moment de la cérémonie d’ouverture et de l’inauguration des expositions, l’équipe du MIRAH a assumé une posture de représentation et de mobilisation : visites, contacts, premiers échanges, audiences et organisation des temps forts.

Cette méthode correspond à une conviction : au SIA, la visibilité ne suffit pas ; elle doit être transformée en décisions et en engagements. La participation du MIRAH a donc été structurée autour d’un objectif général de présentation des atouts et opportunités d’investissement, avec une ambition de mobilisation de partenariats, de repérage de solutions techniques, et de renforcement de la crédibilité des filières ivoiriennes sur une scène internationale exigeante.

Le positionnement du ministère s’est appuyé sur une lecture lucide de la situation des secteurs. La Côte d’Ivoire possède des performances agricoles reconnues dans plusieurs productions, mais le MIRAH sous la conduite du ministre Sidi Tiemoko TOURE a rappelé que les ressources animales et halieutiques demeurent des activités en développement, appelées à franchir un palier. C’est précisément ce décalage entre potentiel naturel et niveau de valorisation économique qui justifie l’accélération des investissements, la modernisation des outils, la structuration des acteurs, et la professionnalisation des chaînes de valeur.

Le discours de transformation présenté à Paris s’enracine dans des atouts concrets. Sur le plan halieutique, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel hydrique majeur, incluant une Zone économique exclusive, des zones de pêche, une façade maritime de 566 kilomètres, un plateau continental, ainsi qu’un vaste réseau d’eaux continentales , fleuves, lagunes, lacs, rivières et bas-fonds favorables à l’aquaculture. Sur le plan de l’élevage, le pays dispose d’environ 11 millions d’hectares de parcours propices à la reproduction des animaux domestiques et à leur alimentation. Malgré ces fondations, la contribution globale des activités d’élevage, de pêche et d’aquaculture est présentée comme étant d’environ 6% du PIB agricole, ce qui renforce l’idée d’un potentiel de croissance encore largement mobilisable.

À cette base, le MIRAH a mis en avant la Politique Nationale de Développement de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (PONADEPA 2020/2030), comme cadre structurant de la transformation. L’orientation est explicitement tournée vers la souveraineté alimentaire et le développement durable, avec des priorités de gouvernance, d’industrialisation et de montée en qualité. Parmi les chantiers à intensifier figurent notamment l’opérationnalisation du système d’identification du bétail et l’immatriculation des embarcations de pêche, qui constituent des leviers majeurs de traçabilité, de contrôle, d’efficacité des politiques publiques et de sécurisation du secteur.

Dans ce contexte, la désignation de la Côte d’Ivoire comme Pays à l’honneur n’a pas été traitée comme un simple label. Elle a servi de catalyseur pour installer un message de crédibilité : un pays prêt à accueillir des projets, à sécuriser les cadres, et à nouer des partenariats techniques et financiers au service d’une transformation mesurable.

Sur le terrain du Salon, la stratégie s’est incarnée dans un dispositif de stand pensé pour convaincre autant que pour représenter. Le MIRAH a conçu un espace expressif, structuré selon une double logique : d’une part un branding institutionnel, destiné à rendre visibles les secteurs d’opportunités stratégiques liés à l’économie animale et à l’économie bleue ; d’autre part un branding éducatif, articulé autour d’animations et de formats interactifs, notamment des quiz, pour ancrer la participation dans une pédagogie de l’innovation et des pratiques modernes.

Cette approche répond à une exigence du public professionnel : voir et comprendre. Le stand du MIRAH a ainsi été conçu comme une vitrine de filières, associant démonstration de produits, mise en récit des chaînes de valeur, et présentation de perspectives d’investissement. La logique de “box” thématiques, mobilisant des références telles que le miel, l’escargot, des espèces aquacoles et des produits de transformation, a servi un objectif central : passer d’une communication générale à une lecture concrète des opportunités, des débouchés et des besoins en équipements, compétences et partenariats.

Au-delà du stand, la présence du MIRAH a été rythmée par des temps d’échanges, de visites, d’audiences et de repérage technique. Le 22 février, une journée de visites d’exploitations et de structures hors Paris a renforcé la dimension “terrain” de la mission : observer des modèles, dialoguer avec des acteurs, construire des passerelles. Le même jour, l’animation du stand a permis de maintenir le lien avec le public du Salon, en présentant les potentialités du ministère et en multipliant les contacts.

Le 24 février, une mission à Roussay, dans le département de Maine-et-Loire, a illustré la volonté d’apprentissage technique ciblé. Consacrée à l’imprégnation du savoir-faire de la structure E-FARM dans le domaine de l’amélioration génétique en cuniculture, cette séquence a confirmé un parti pris : la transformation des filières passe aussi par la maîtrise de l’innovation, l’accès aux compétences, et l’adaptation des solutions aux réalités ivoiriennes. Pendant cette mission, l’animation du stand a été maintenue, ce qui révèle une organisation conçue pour tenir simultanément les deux fronts : l’influence au Salon et l’acquisition de solutions hors site.

Cette combinaison d’exposition, de rencontres et d’apprentissage technique a renforcé la cohérence du message porté par le Ministre Sidi TOURE. L’objectif n’était pas de juxtaposer des actions, mais d’installer une trajectoire : montrer le potentiel, identifier des solutions, formaliser des partenariats, et préparer l’atterrissage opérationnel.

Le cœur narratif de la participation du MIRAH au SIA 2026 s’est exprimé à travers une séquence de journées thématiques, conçues pour donner une colonne vertébrale au message et faire converger expertise, visibilité et opportunités.

Le 23 février, la journée dédiée à l’économie bleue a mis en lumière un axe prioritaire : l’aquaculture comme levier stratégique de souveraineté alimentaire et de croissance durable. La master class du jour a situé l’aquaculture au centre d’une politique de réponse aux besoins, en insistant sur la nécessité de structurer l’ensemble de la chaîne de valeur : production, alimentation, élevage, accès aux intrants, maîtrise sanitaire, chaîne du froid, transformation, distribution et accès au marché. Dans cette perspective, l’économie bleue n’est pas réduite à la pêche, mais envisagée comme un écosystème industriel et logistique, capable de produire de la valeur ajoutée locale et de soutenir l’emploi.

Cette approche s’inscrit dans une logique de compétitivité : pour réduire durablement les déficits et sécuriser l’offre, il ne suffit pas d’augmenter la production ; il faut également sécuriser la qualité, réduire les pertes, améliorer la régularité, et renforcer la gouvernance. Le SIA a offert au MIRAH un cadre pour partager cette vision, mais aussi pour écouter les retours des professionnels, identifier des partenaires et comparer les modèles.

Le 25 février, la journée consacrée à l’économie animale a prolongé cette dynamique, en axant les échanges sur la créativité et l’innovation au service de la rentabilité des exploitations, notamment dans des filières comme l’ovin, le bovin ou l’alimentation animale. L’orientation affichée est pragmatique : moderniser pour produire davantage, mieux maîtriser les coûts, améliorer les performances techniques et sanitaires, et préparer l’industrialisation progressive des débouchés. Dans cette vision, l’économie animale est présentée comme une économie complète, mobilisant une diversité de métiers et de services : intrants, équipements, santé et bien-être animal, transformation, logistique, distribution. Le MIRAH a ainsi cherché à repositionner ces filières comme des secteurs d’opportunités pour les investisseurs, mais aussi comme des gisements de PME, d’emplois et d’innovation locale.

Entre ces journées, l’animation quotidienne du stand a joué un rôle décisif. Dans une édition où la Côte d’Ivoire bénéficiait d’une visibilité exceptionnelle, il fallait maintenir la continuité du message, répondre au public, accueillir les partenaires et multiplier les contacts qualifiés. Le dispositif d’animation a aussi contribué à la cohérence de l’ensemble : les temps de contenus donnaient la direction, le stand assurait la preuve et la proximité.

Le 26 février, la Journée ivoirienne a constitué le point culminant de la participation nationale, en cohérence avec le statut de Pays à l’honneur. Dans une séquence à forte portée médiatique et institutionnelle, un panel de haut niveau réunissant les trois ministères ivoiriens concernés a porté le thème central de la journée, avant une visite conjointe des stands ivoiriens et une séquence presse. Pour le MIRAH, cette journée a servi de plateau de démonstration celle de appeler la stratégie, mettre en récit les opportunités, valoriser les produits et les projets, et inscrire la participation dans un agenda de transformation.

Cette journée a également été l’occasion d’approfondir des échanges ciblés, à travers plusieurs audiences avec le ministre organisées sur le stand et dans l’espace VIP. Les rencontres ont porté sur des sujets concrets et structurants : la construction et l’équipement d’abattoirs, l’équipement et la maintenance de biodigesteurs, ainsi que la poursuite des échanges autour d’un projet de développement de la filière porcine. Une autre audience a porté sur un appui financier à la mise en œuvre d’un programme lié à la filière ovine, révélant la volonté d’arrimer les priorités nationales à des instruments de financement.

À travers ces séquences, la Journée ivoirienne n’a pas seulement renforcé la visibilité ; elle a servi de passerelle entre la vitrine et les dossiers, entre l’image et l’investissement, entre la promotion et l’exécution.

Le 27 février, la journée dédiée aux partenariats a confirmé l’orientation “résultats” de la participation du MIRAH. L’objectif étant de donner un prolongement opérationnel aux contenus des master class et aux contacts du stand, en matérialisant des coopérations par des signatures, des jumelages et des engagements de collaboration.

Plusieurs actes ont marqué cette séquence. Un protocole d’accord a été signé avec VESCO GROUP, dans une logique de projets intégrés. Un partenariat a également été formalisé entre le MIRAH, VET AGRO SUP et la Région Auvergne Rhône-Alpes, orienté vers le renforcement de compétences et la coopération technique. Un jumelage entre la DSVBA et la DGAL a été signé autour des enjeux de bien-être animal, sujet devenu central pour la compétitivité, la qualité, l’acceptabilité et l’accès à certains marchés. Enfin, un protocole d’accord avec Martel a porté sur la fourniture de drones de surveillance des pêches et le renforcement des capacités, illustrant la volonté d’adosser l’économie bleue à des outils modernes de suivi, de contrôle et de gouvernance.

La même journée, une master class a renforcé la cohérence du propos, en positionnant la santé et le bien-être animal comme levier stratégique de l’économie des filières animales. Cette articulation est essentielle : la performance économique et la souveraineté alimentaire ne peuvent être durables sans maîtrise sanitaire, prévention, contrôle, et professionnalisation des pratiques. L’approche du MIRAH vise ainsi à sécuriser l’augmentation de l’offre et à renforcer la confiance des consommateurs autant que celle des investisseurs.

D’autres audiences du ministre Sidi Tiemoko TOURE ont complété la dynamique partenariale. Une rencontre avec la Société Centrale Canine de France a ouvert un échange d’expériences destiné à s’inspirer du modèle français, en lien avec la structuration et la régulation de la filière canine. Une autre audience avec la Fondation MOGUENA a porté sur un projet industriel incluant une unité de production de pièces de rechange, le montage de moteurs hors-bord et divers équipements, ainsi que la création d’unités intégrées liées aux points de débarquement, qui jouent un rôle déterminant dans l’efficacité de la chaîne halieutique.

Au terme du SIA 2026, le bilan du ministre Sidi TOURÉ et ses équipes se lit à trois niveaux. D’abord, un niveau d’image et de positionnement : la Côte d’Ivoire a assumé son statut de Pays à l’honneur en portant une vision lisible, centrée sur la souveraineté alimentaire durable et la création de richesse. Ensuite, un niveau de contenus : économie bleue et économie animale ont été traitées comme des axes de transformation, avec des approches de chaînes de valeur et des priorités techniques concrètes. Enfin, un niveau d’atterrissage : partenariats, jumelages, audiences et projets identifiés ont consolidé l’idée que la participation n’était pas un événement isolé, mais un levier de mise en œuvre.

L’enjeu qui s’ouvre désormais est celui de la conversion post-Salon : organiser le suivi, prioriser les projets à fort impact, mobiliser les ressources, sécuriser les calendriers, et transformer les engagements en réalisations. Alignée sur la PONADEPA 2026–2030, cette phase doit permettre de renforcer la traçabilité, la productivité, la qualité, la transformation et la gouvernance, au service d’un objectif stratégique : faire de l’économie animale et de l’économie bleue des secteurs capables de nourrir, d’employer et de créer durablement de la valeur sur l’ensemble du territoire.

Ainsi, à Paris, le MIRAH a fait plus que représenter. Il a porté un cap, montré des preuves, construit des passerelles et enclenché des collaborations. Dans une édition où la Côte d’Ivoire a été mise à l’honneur, la participation du ministère des ressources animales et halieutiques a démontré que l’ambition nationale s’accompagne désormais d’une méthode : exposer, convaincre, contractualiser, puis exécuter.